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Mémoire Kinesthésique : Apprendre à Retenir par les Sens

Écrit par MentorShow
Le 21 November 2023 | 6 minutes de lecture

Chapitres


Madame Dupont, sage-femme, se plaint souvent des problèmes de concentration et de mémorisation de son enfant à l’école. En effet, son garçon ne cesse de bouger en plein cours, perturbant parfois la concentration de ses camarades. La sage-femme s’inquiète pour son garçon qui n’arrive pas à mieux retenir ses leçons. Mais, l’enfant en question est incompris car il a une mémoire kinesthésique.

Saviez-vous que différents types de mémoires sont utilisés par le cerveau pour mémoriser des informations ? Connaître son type de mémoire dominante est nécessaire pour mieux faire travailler sa mémoire. De même, cela permet à l’enfant ou à l’adulte de mieux mémoriser.

Qu’est-ce qu’une mémoire kinesthésique ? Comment reconnaît-on un enfant kinesthésique ? Et comment apprendre avec une mémoire kinesthésique ?

Qu’est-ce que la mémoire kinesthésique ?

Mémoire Kinesthésique _ Une nouvelle méthode pour retenir ?

La mémoire, en général, est connue pour jouer un rôle déterminant dans la capacité d’apprentissage d’un individu. Elle permet de trier et de retenir les connaissances, les savoir-faire, les informations, les souvenirs, etc.

La mémoire est un outil sensoriel vital. Car elle est indispensable dans le développement de notre personnalité. Avoir une bonne mémoire est un atout pour la vie. Toutefois, il est aussi possible de faire travailler sa mémoire en cas d’amnésie.

Maintenant que le fondement de la mémoire est compris, on peut se demander ce qu’est une mémoire kinesthésique.

Si le mot kinesthésique est nouveau, selon l’Académie française, il s’agit d’un adjectif du XIXe siècle dérivé de « kinesthésie ». Étymologiquement, kinesthésique est formé par « kinésie » qui signifie mouvement et « esthésie » pour désigner la sensibilité.

On parle alors de mémoire kinesthésique lorsque l’individu apprend avec son corps. En effet, certains individus mémorisent avec des mouvements ou des sensations. Si cela vous paraît hors du commun, c’est probablement parce que vous n’avez pas une mémoire kinesthésique.

La mémoire kinesthésique est souvent omise au détriment des autres types de mémoires sensorielles telles que la mémoire visuelle qui consiste à garder en mémoire des images ou clichés. De plus, la plupart des méthodes d’apprentissages du système scolaire n’en tiennent pas compte.

C’est pourquoi Valentine Armbruster va populariser la problématique de la mémoire kinesthésique en 2019 grâce à son livre :

« Dépasser ses difficultés scolaires : Ni cancre, ni dyslexique… Peut-être kinesthésique ? ».

Un livre inspiré du parcours de son auteure qui, étant kinesthésique, avait l’impression, pendant ses années d’école, « d’entendre parler une langue étrangère en cours ».

Comment reconnaître le profil d’une personne ayant une mémoire kinesthésique ?

Enfant avec Mémoire kinesthésique

En parvenant à reconnaître un enfant kinesthésique, il sera plus facile de lui proposer les exercices de mémorisation adéquats pour un meilleur apprentissage.

Cela dit, c’est un profil de personne qui est assez rare.

Une personne kinesthésique veut bouger tout le temps. Rester assise sur une chaise pendant de longues heures est très compliqué pour quelqu’un qui possède une intelligence kinesthésique. Un enseignant qui n’est pas informé peut très vite rapprocher le comportement de l’enfant à l’insolence.

Au lieu des cours purement théoriques, cette personne a besoin de percevoir les choses pour s’en souvenir après. Toucher, bouger, construire, etc. Parmi les cinq sens, le toucher est très développé chez les kinesthésiques. Cela est loin d’être un trouble, encore moins une maladie.

Parmi les troubles de la mémoire qui affectent nos capacités de mémorisation, on peut citer l’amnésie, la maladie d’Alzheimer, etc.

Pour Valentine Armbruster la mémoire kinesthésique est « un mode de perception de la réalité qui passe de façon privilégiée par le mouvement ».

L’apprenant kinesthésique veut souvent faire les choses lui-même. Il se sert de ses doigts pour calculer et adore bien les jeux de construction.

Il est surtout sensible au goût et à l’odorat. Par exemple, sur la question de savoir s’il aime le chocolat, le kinesthésique va tout de suite penser au goût ou à l’odeur du chocolat dans sa tête.

Par ailleurs, de nombreux tests sont conçus pour détecter une personne kinesthésique. Dans le test en ligne proposé par la Commission Scolaire de Montréal, on note certaines questions telles que :

  • Comment te souviens-tu d’un séjour à la mer ?
  • Que retiens-tu d’une personne lorsque tu l’as rencontré pour la première fois ?
  • Etc.

Comment les personnes kinesthésiques mémorisent-elles ?

Comment les personnes kinesthésiques mémorisent-elles

Les personnes kinesthésiques ne souffrent pas d’un déficit cognitif. Elles peuvent tout à fait mémoriser facilement. Pour y arriver, elles s’appuient sur certaines techniques de mémorisation basées sur les gestes et les sensations.

Le kinesthésique doit bouger pour apprendre par cœur. Travailler debout sur un tableau fixé au mur lui plaira sûrement.

Néanmoins, toutes les stratégies de mémorisation demandent toujours des efforts de relecture pour retenir plus aisément. L’environnement joue aussi un rôle dans la capacité à retenir de l’enfant ou de l’adulte kinesthésique.

Il faut qu’il soit installé dans un lieu confortable, sécurisé pour faire une révision efficace avec des personnes qu’il apprécie également. Voici ce que recommande la Commission Scolaire de Montréal en ce qui concerne l’apprentissage d’une personne kinesthésique :

« Travaille dans des endroits que tu aimes avec une bonne atmosphère et évite de travailler seul. Organise des révisions avec des personnes que tu apprécies »

Comment savoir si j’ai une mémoire visuelle ou une mémoire auditive ?

Comment savoir si j’ai une mémoire visuelle ou une mémoire auditive ?

En dehors de la mémoire kinesthésique, il existe d’autres types de mémoires sensorielles qui sont quant à elles plus connues. Il s’agit de la mémoire visuelle et de la mémoire auditive.

En fait, une personne ne peut être à 100 % kinesthésique, visuelle ou auditive. Elle dispose juste d’un profil qui est dominant. Commençons par la mémoire visuelle.

C’est une mémoire que l’on qualifie de mémoire photographique ou de mémoire eidétique parce qu’elle permet un apprentissage visuel. Tout comme les kinesthésiques, les personnes visuelles présentent des particularités.  La mémoire visuelle est sensible à tout ce qui est image et esthétique.

Si vous adorez la photographie, le dessin, la peinture, il y a de fortes chances que vous ayez une mémoire visuelle. Le visuel peut photographier sa leçon, la page d’un livre sans le savoir. Ces personnes disent plusieurs fois : « Je vois ». Voyez-vous de quoi nous parlons ?

Ensuite, si un individu possède une mémoire auditive, c’est qu’il est capable d’écouter pour comprendre et apprendre ses cours. L’auditif développe une grande sensibilité aux sons. Il peut se parler tout seul à voix-haute en commentant ses actes. C’est quelqu’un qui pose beaucoup de questions pour comprendre.

La mémoire auditive est souvent confondue à la mémoire verbale. En effet, la mémoire auditive est une mémoire sensorielle tandis que la mémoire verbale est une mémoire analytique. Elles n’utilisent donc pas les mêmes connexions neuronales.

La mémoire auditive est reliée au cortex auditif primaire, une réserve qui couvre plusieurs zones du cerveau. Alors que la mémoire verbale se trouve au niveau des aires du langage de l’hémisphère gauche du cerveau.


Quels sont les autres types de mémoire ?

Différents types de mémoire

En dehors de la catégorie de mémoire sensorielle ou perceptive, on distingue aussi d’autres catégories de mémoire qu’il faut connaître pour faire travailler la mémoire. Celles-ci font appel à différents réseaux neuronaux interconnectés. On retrouve notamment :

  • La mémoire de travail

Encore appelée mémoire à court terme ou mémoire immédiate. C’est la mémoire du présent. Elle permet de manipuler, de stocker les informations de 0.5 secondes à 10 minutes. Par exemple, nous utilisons la mémoire de court terme pour faire classer des chiffres en ordre décroissant.

Ainsi, la mémoire de travail tient compte de la mémoire des chiffres. C’est elle qui permet de faire un calcul mental.

  • La mémoire à long terme

Avec ce type de mémoire, les informations sont stockées sur une longue période voire toute la vie. Elle regroupe la mémoire explicite et la mémoire implicite.

Au niveau de la mémoire explicite, on retrouve la mémoire sémantique et la mémoire épisodique. Cela dit, la mémorisation à long terme varie en fonction de la nature de l’information à mémoriser.

Ainsi, c’est grâce à la mémoire sémantique que les connaissances générales, les faits, les concepts théoriques sont stockés selon un réseau sémantique. Tandis qu’au niveau de la mémoire épisodique, sont stockées, les informations sur les évènements vécus des souvenirs épisodiques. Elle permet à l’individu de se projeter mentalement dans le futur.

La mémoire implicite est encore appelée mémoire procédurale.  Cette mémoire à long terme est celle des automatismes, des habiletés et des savoirs faire.

Comment apprendre avec une mémoire kinesthésique ?

Comment apprendre quand on est kinesthésique ?

Maintenant que vous avez un aperçu global sur les différents types de mémoires, revenons à la catégorie de mémoire sensorielle. Plus particulièrement sur la mémoire kinesthésique que nous évoquons depuis de début.

Pour mieux apprendre ses leçons, l’enfant doit écrire les informations à mémoriser sur un papier. Lorsqu’une nouvelle notion est abordée par exemple, il serait bénéfique de faire le rapprochement avec un chapitre que vous connaissez déjà.

Il peut se servir de la carte mentale qui permet de se souvenir de toutes les connaissances antérieures sur un sujet. Cette carte offre un visuel détaillé et un visuel d’ensemble qui permet de mieux comprendre et mémoriser.

En outre, les explications et les schémas de l’enseignant peuvent très vite ennuyer. Un apprenant qui sort d’un cours sans aucune pratique aura l’impression de n’avoir rien fait. C’est pourquoi, les jeux éducatifs sont fortement conseillés dans ce cas.

Une mémoire kinesthésique a besoin d’utiliser des exemples et des exercices pratiques. Les études de cas ou les anecdotes seront très utiles pour mieux comprendre.

Pour mieux apprendre d’un enseignant, le kinesthésique doit d’abord l’apprécier. Sinon, le message ne passera pas. Ce sont des personnes qui sont très sensibles aux autres.

Le kinesthésique est préoccupé par le « pourquoi du comment » de ce qu’on lui enseigne. Pourquoi dois-je apprendre cette leçon ? À quoi cela va me servir ?

Par ailleurs, la mémoire de travail est très développée chez les kinesthésiques grâce à la proprioception. La proprioception est la sensibilité du système nerveux aux informations provenant des muscles, des articulations et des os.

Une étude menée par le docteur Ross Alloway du département de psychologie à l’Université de Floride du nord a permis de conclure que la proprioception augmente l’activité du cerveau.

Quel métier quand on a une mémoire kinesthésique ?

Les personnes avec une intelligence kinesthésique sont à l’aise avec les disciplines sportives qui nécessitent force et habiletés. Les formations professionnelles ont tendance à leur convenir. La musique, les langues, les arts et tout ce qui peut être pratiqué immédiatement.

Ce sont des personnes qui pourraient facilement exceller et s’épanouir dans un métier d’ébéniste, de bijoutier, ou dans la cuisine.

Les jeux et exercices pour mieux mémoriser

Il faut retenir que la mémoire kinesthésique se base non seulement sur l’action mais aussi sur une grande sensibilité au goût et à l’odorat. Pour améliorer sa mémoire, le kinesthésique fait recours aux :

  • Jeux éducatifs 
  • Jeux de rôles
  • Jeu de cartes brain gym 
  • Etc.

Ces jeux et exercices sont des outils mnémotechniques qui permettent d’apprendre efficacement.

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